Accueil David Telerman|Dernière mise à jour : 3 octobre 2020
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Penser à s’installer en Suisse, ce n’est pas juste rêver de montagnes et de salaires généreux. C’est aussi se confronter très vite à une question bien concrète : combien faut-il prévoir pour vivre décemment sur place, et à partir de quel revenu la vie devient vraiment confortable ? Derrière ces interrogations, il y a l’enjeu du salaire minimum nécessaire pour tenir la route dans la Confédération.
Personne ne l’ignore : la Suisse affiche un coût de la vie qui ferait pâlir nombre de voisins européens. Les rémunérations y sont élevées, c’est vrai, mais les charges du quotidien le sont tout autant. Les employeurs suisses ne s’en cachent pas, et les statistiques confirment cette réalité.
Une étude de l’Office fédéral de la statistique éclaire la composition du budget des ménages suisses : revenus, dépenses, et ce qui reste à la fin du mois. Baptisée « Revenus et dépenses des ménages en Suisse », elle détaille les chiffres de 2016 et permet de comprendre, poste par poste, comment s’articule la vie financière des familles helvétiques.
Pour organiser la lecture, voici les différents points abordés dans cet article :
- Rémunération mensuelle moyenne réellement disponible pour les ménages suisses
- Répartition des principales dépenses, avec deux grandes catégories :
- Dépenses incontournables : impôts, assurance maladie, cotisations sociales
- Dépenses liées à la consommation : logement, transport, etc.
- Capacité moyenne d’épargne mensuelle des ménages
- Budget minimum pour vivre en Suisse
- Seuil de revenu à envisager pour s’installer en Suisse
- Une réalité sociale : 27% des Suisses jugent ne pas disposer d’assez de moyens pour vivre dignement
- /David Talerman
- 23 réflexions sur « Le budget des ménages en Suisse »
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Quel est le revenu mensuel moyen disponible des ménages suisses ?
- En 2017, le revenu mensuel moyen disponible par foyer suisse atteignait 6 894 francs suisses. Ce montant correspond à ce qu’il reste après avoir déduit les dépenses obligatoires (impôts, primes d’assurance maladie, cotisations sociales diverses et pensions alimentaires) du revenu brut, qui comprend salaires, primes, rentes, prestations sociales et revenus du patrimoine.
- La rémunération du travail constitue la principale source de revenus, représentant plus de 75 % du total. Les revenus issus du patrimoine, eux, pèsent un peu plus de 4 % en moyenne.
- Les autres rentrées d’argent, comme les pensions alimentaires perçues, ne représentent qu’environ 1,3 % du total.
Quelles sont les dépenses des ménages suisses ?
Dépenses obligatoires : impôts, assurance maladie, cotisations sociales
Les charges incontournables, impôts, assurance maladie, cotisations sociales, pèsent lourd sur le budget. En 2016, un foyer suisse devait prévoir en moyenne 2 910 francs suisses chaque mois pour ces postes, soit un peu plus de 29 % du revenu brut. Dans le détail, on observe la répartition suivante :
- Impôts : 12,3% du revenu brut, ce qui équivaut à 1 153 francs suisses par mois (en légère diminution par rapport à 2014).
- Cotisations sociales (AVS, caisses de pension, etc.) : 9,7% du revenu brut, également en recul par rapport aux années précédentes.
- Primes d’assurance maladie de base (LaMal) : 6,2% du revenu brut, en hausse de près d’un point par rapport à 2014.
Dépenses de consommation : logement, transport et autres
Les autres dépenses, celles qui relèvent de la consommation courante, représentent près de 55 % du revenu brut des ménages. Voici comment se répartissent ces frais :
- Logement et énergie : près de 14,7 % du revenu brut, soit un peu plus de 1 470 francs suisses par mois.
- Transport : 7,7 % du revenu brut.
- Loisirs et culture : autour de 5,4 %.
- Nourriture et boissons non alcoolisées : 6,3 %.
- Services de restauration et hébergement : 5,8 %.
- Assurance maladie complémentaire et autres assurances : 3,3 %.
Combien les ménages suisses économisent-ils par mois en moyenne ?
En moyenne, un ménage suisse parvient à mettre de côté un peu plus de 1 550 francs suisses chaque mois, un montant en progression notable par rapport à 2014, où l’épargne mensuelle moyenne se situait à 1 300 francs. Cette capacité de mettre de l’argent de côté concerne surtout les foyers dont le revenu mensuel brut dépasse 5 000 francs suisses.
Quel budget faut-il pour vivre en Suisse ?
Le logement reste le poste de dépense le plus lourd, et les variations sont significatives selon la région. À Genève, Lausanne, Zurich ou autour du Léman, les montants peuvent s’envoler, alors que dans des cantons moins urbanisés, les loyers sont plus contenus.
Les chiffres suivants donnent une vue d’ensemble des dépenses mensuelles « hors charges obligatoires » toutes structures familiales confondues. Il s’agit de moyennes à ajuster selon la taille du foyer et le lieu de résidence.
| Assurance maladie complémentaire : primes | , 141 |
|---|---|
| Autres assurances : primes | , 190 |
| Impôts | , 69 |
| Dons, cadeaux et invitations | , 177 |
| Total des autres assurances, impôts et transferts | , 578 |
| Aliments et boissons non alcoolisées | , 632 |
| Boissons alcoolisées et tabac | , 106 |
| Services de restauration et d’hébergement | , 584 |
| Vêtements et chaussures | , 210 |
| Logement et énergie | −1 476 |
| Ameublement, équipement et entretien ménager | , 234 |
| Dépenses de santé | , 244 |
| Transport | − 770 |
| Communications | , 188 |
| Loisirs et culture | , 542 |
| Autres biens et services | , 324 |
| Total des dépenses de consommation | −5 310 |
Quel salaire faut-il pour vivre en Suisse ?
L’ensemble de ces données, associées à la répartition des dépenses, permet d’établir une estimation claire du revenu à viser pour s’installer confortablement en Suisse. Pour affiner les calculs, il peut être utile de consulter les différents seuils de pauvreté établis selon la composition du foyer et le nombre d’enfants.
Pour aller plus loin, la page Salaires dans Suisse regroupe des informations détaillées sur les rémunérations, et le Simulateur de feuille de salaire vous permet d’obtenir une estimation précise du salaire net à partir du brut annuel.
27% des Suisses pensent ne pas avoir assez d’argent pour vivre dans la dignité
Un autre regard sur la question : en 2013, Intrum Justitia a mené une enquête internationale sur le paiement des factures et la perception de la dignité financière. En Suisse, 27% des personnes interrogées affirment ne pas disposer d’assez de ressources pour vivre dignement, contre 35% en France et 19% en Allemagne. Parmi les raisons évoquées : le chômage, la flambée des frais de santé et l’impact des divorces sur le budget familial. Pour faire face à ces difficultés, les dépenses réduites en priorité sont les sorties, les restaurants, l’habillement et l’alimentation. La pauvreté existe en Suisse, le phénomène des travailleurs pauvres aussi, loin des clichés sur l’opulence généralisée.
Sources : Revenus et dépenses des ménages en Suisse et Intrum Justitia
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/ David Talerman
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23 réflexions sur « Le budget des ménages en Suisse »
/ David Koch
18 novembre 2014 à 13 h 06 min Bonjour,
Merci pour cet article informatif. J’aurais cependant besoin de précisions. Que recouvre exactement le terme « ménage » ? Correspond-il à deux adultes avec enfants ? Est-ce un revenu moyen de 7 112 francs par personne ou par foyer ? Merci d’avance pour vos éclaircissements.
Modifier la réponse
/ David Talerman 21 novembre 2014 à 11:44 min Bonjour, L’étude englobe tous les types de ménages, sans distinction de taille. Parfois, elle détaille selon la composition, mais il s’agit d’une moyenne générale. Je n’ai malheureusement pas le chiffre exact de la taille moyenne des ménages, ce qui serait pertinent. Modifier la réponse
/ Bernasconi
18 novembre 2014 à 13 h 59 min Tout le monde n’atteint pas les revenus évoqués… Comment épargner 1’300 francs par mois avec seulement 2’150 ?
Modifier la réponse
/ David Talerman
21 novembre 2014 à 11 h 41 min Vous avez raison : il s’agit de moyennes issues de l’Office fédéral de la statistique, comme précisé dans le texte.
Modifier la réponse
/ Laurent 19 novembre 2014 à 8 h 57 min Bonjour à tous. Gardons de la distance avec les chiffres : les statistiques ont leurs limites et peuvent être interprétées de manière excessive. Le salaire brut moyen en 2012 tournait autour de 7 000 CHF, et le salaire médian à 6 000 CHF. Certains salaires très élevés tirent la moyenne vers le haut. Imaginer épargner 1 300 CHF par mois, c’est illusoire pour beaucoup. D’ailleurs, si économiser était si facile, pourquoi avoir rendu le 2ème pilier obligatoire ? Comparez le prix d’un fast-food en France et en Suisse et le nombre d’heures de travail nécessaires : l’écart n’est pas si grand. Les salaires et les dépenses sont proportionnels. Bonne journée. Laurent Modifier réponse
/ David Talerman 21 novembre 2014 à 11:35 min Bonjour, Merci pour vos précisions, j’espère que les lecteurs en auront tenu compte. Nous avons, à de nombreuses reprises, insisté sur le fait que la qualité de vie dépend aussi du coût de la vie. Le but est d’informer avec nuance et de rappeler que la Suisse n’est pas un paradis pour tous, mais que le pays offre un cadre de vie et des opportunités appréciables, notamment par rapport à d’autres pays. Modifier la réponse
/ Laurent 20 novembre 2014 à 9 h 49 min Monsieur David, il semble que vous aimez pointer la lune à votre doigt… En Suisse, la liberté d’expression existe réellement. Modifier la réponse
/ David Talerman 21 novembre 2014 à 11 h 40 min Pourquoi autant d’amertume ? La modération des commentaires se justifie car nous restons responsables de ce qui est publié, et certaines lois nous interdisent de relayer des propos racistes ou xénophobes. J’ai hésité à publier votre commentaire, car il n’apporte rien de constructif au débat et attaque les lecteurs. Quel est votre objectif ? Décourager l’arrivée d’étrangers en Suisse ? Modifier la réponse
/ Isabelle
24 novembre 2014 à 9 h 05 min Bonjour,
Pour moi, les statistiques ne reflètent pas la réalité. Trouver un loyer à 1 500 francs, c’est fini, sauf à entasser une famille dans un studio. À Genève, Lausanne ou Zurich, comptez plutôt entre 2 500 et 3 000 francs pour un 3-pièces, voire bien plus selon les quartiers. Les impôts, eux, peuvent représenter deux années de salaire pour une famille de quatre personnes à 10 000 francs par mois. La Suisse n’est pas l’Eldorado qu’on décrit souvent. Je suis née ici et la crise nous touche aussi, même si les statistiques prétendent le contraire. Vivre avec 7 100 francs mensuels pour un ménage de quatre, c’est loin d’être le confort, et mettre 1 300 francs de côté est irréaliste. Modifier la réponse
/ David Talerman 4 Décembre 2014 à 10 h 13 min Bonjour Isabelle, Les chiffres de l’OFS sur les loyers sont souvent contestés, surtout pour Genève, Zurich ou Vaud. Les anciens baux à loyers modérés subsistent, tandis que les offres du marché affichent des prix beaucoup plus élevés. L’étude ne distingue pas ces cas et cela fausse les moyennes dans certains cantons. Sur le fond, je ne présente pas la Suisse comme un Eldorado, au contraire, l’article insiste sur la prudence. Votre témoignage est pertinent, surtout pour les familles dans les grandes villes. Ailleurs, la situation est différente. Modifier la réponse
/ Loulou55
2 décembre 2014 à 17:48 min Dommage que l’étude ne précise pas le nombre de personnes dans un ménage, ni le nombre d’enfants. Un ménage suisse, est-ce une personne et un animal ? Ceux qui envisagent de venir en Suisse doivent rester vigilants face aux chiffres moyens : 7 100 CHF, c’est trompeur. L’OFS, agence sérieuse, peut-elle vraiment publier un tel chiffre ? Il faut se méfier du mythe de la Suisse dorée : pour une famille nombreuse, la réalité peut vite tourner au casse-tête financier. Pour exemple : hébergement à 7 000 francs par mois, assurance maladie à 2 500, école privée à 1 300 par enfant, téléphone à 160, viande à 70 francs le kilo… Il serait utile de disposer d’une étude sur le taux d’endettement des ménages suisses. Bien à vous.
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/ David Talerman 4 décembre 2014 à 10h04 Toujours fidèle au poste ! Je note que le ton est plus posé cette fois. L’étude comporte elle-même des réserves. Avec cinq enfants et un loyer à 7 000 francs, vous n’êtes pas représentatif de la moyenne. Cela dit, le coût du logement en Suisse, surtout dans la région du Léman, reste un défi. Mais attention à ne pas généraliser une expérience personnelle. Notre position est claire : la Suisse n’est pas un eldorado, mais elle offre des perspectives professionnelles réelles, et souvent une meilleure qualité de vie que d’autres pays voisins. Modifier la réponse
/ kohler john
3 décembre 2014 à 4 h 08 min Quel salaire brut faut-il pour une famille de quatre afin d’éviter la précarité ?
Modifier la réponse / Loulou55
4 décembre 2014 à 9h02 Bonjour, M. Talerman, Je constate que certains de mes commentaires ne sont plus publiés. Pourtant, je partage mon expérience de mère expatriée en Suisse romande, active dans plusieurs réseaux scolaires et politiques, et je collecte des témoignages sur le terrain. Concernant votre modèle de CV, il n’a pas convaincu les professionnels suisses du recrutement qui m’ont accompagnée lors de ma période de chômage : ils ont revu complètement mes documents. Je vous encourage à prendre en compte tous les regards portés sur l’expatriation. La Suisse n’est pas irréprochable et il est un peu facile de critiquer la France en permanence. Modifier la réponse
/ David Talerman
4 décembre 2014 à 9 h 56 min Madame,
Peut-être n’avez-vous pas pris connaissance de l’ensemble de nos conseils : la longueur du CV en Suisse dépend à la fois de l’expérience et du secteur. Un profil peu qualifié avec un CV de 4 pages pose problème, tout comme un profil très expérimenté avec un CV d’une page. C’est ce que demandent les recruteurs suisses. Nous livrons ces informations gratuitement, et il est facile de juger sans avoir lu nos ressources. Pour finir, seuls les commentaires racistes, xénophobes ou diffamatoires sont exclus. Votre dernier message relève de la diffamation et vise à nuire à notre réputation. Cela ne restera pas sans réponse si besoin. La porte reste ouverte au dialogue, mais je vous invite à revoir la forme de vos interventions.
PS : Vous pouvez consulter les retours de nos clients sur nos prestations de CV.
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/ Brossard
28 avril 2019 à 0 h 01 min Bonjour,
Même après cinq ans, ce commentaire conserve de l’intérêt. Je ne cherche pas la polémique. Né en Suisse, j’ai vécu la cinquantaine dans ce pays. À ma connaissance, un loyer de 1 500 francs pour un deux-pièces n’existe qu’en zone rurale. Notre foyer (couple sans enfants) gagne environ 7 000 francs, mais épargner 1 300 à 1 500 francs par mois, c’est illusoire. Pour les familles, les aides (logement, assurance maladie, allocations) peuvent soulager, mais devenir propriétaire reste inaccessible pour la plupart. D’où le fait que les Suisses roulent souvent en belles voitures sans posséder de maison.
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/ David Talerman 29 avril 2019 à 8:55 min Merci pour votre témoignage. Une étude ne peut couvrir tous les cas particuliers. Entre une famille à Genève ou Zurich et une autre dans le Jura, les écarts sont énormes. Ce qui compte, c’est de voir la part de chaque poste dans le budget, cela aide à réfléchir à ses priorités. Modifier la réponse
/ Geay
18 août 2019 à 13h43 Ce qui m’amuse dans ces discussions sur les budgets moyens, c’est qu’on entend surtout les personnes qui gagnent peu critiquer les chiffres. C’est pareil partout : la majorité dit ne pas pouvoir atteindre les moyennes. Pourtant, plus de 10% des ménages suisses sont millionnaires ! Ceux qui ont eu les bonnes opportunités et la discipline pour des études solides trouvent les chiffres « ridicules ». Je connais plusieurs jeunes qui gagnent 30 000 francs par mois à 30 ans et épargnent 10 000 francs. Oui, c’est possible !
Modifier la réponse
/ David Talerman 22 août 2019 à 20 h 34 min Bonjour Jay, Vous faites assurément partie du dernier quartile, celui qui vit le plus confortablement 🙂 Modifier la réponse
/ Bruno
9 octobre 2019 à 9 h 32 min Bonjour
Est-il possible de mettre à jour ces chiffres ? Ils semblent très bas face à la réalité. Merci
Modifier la réponse
/ David Talerman 9 octobre 2019 à 22 h 49 min Bonjour Bruno, Les données datent de 2016. Je vérifierai s’il existe une actualisation, mais cela reste rare à l’échelle nationale. Les différences cantonales peuvent expliquer un ressenti d’écart avec la moyenne. Dans quel canton vivez-vous ? Modifier la réponse
/ Gomes
29 octobre 2019 à 4 h 22 min Je ne comprends pas ceux qui se plaignent. Je vis seul dans un studio, je privilégie l’épargne et je suis satisfait. Je sors avec modération, je fume, et j’arrive à économiser 700 francs par mois avec un salaire brut de 4 000. Vouloir vivre au-dessus de ses moyens, c’est logique que ça bloque. Beaucoup manquent d’éducation financière et refusent les compromis, d’où les poursuites en Suisse.
Modifier la
réponse
/ David Talerman 30 octobre 2019 à 8:52 min Bonjour Gomes, L’éducation financière est effectivement un levier clé. J’ai rencontré des spécialistes du coaching financier et c’est très instructif. Modifier la réponse
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